Je plonge / dans l’ennui profond / abîme sans fond / pourquoi si bas

Je plonge / dans une vie sans vie / je n'ai plus d’envie / où est ma joie

Je plonge / dans l'indifférence / des pieuvres rôdent en silence /

leurs tentacules étranglent mes sens / plus rien ne va / plus rien ne va

 

Je flotte / au gré des courants / au gré des vents / un mort-vivant

Je flotte / bouchon de papier / j'ai perdu pied / dans l'immense océan  

Je flotte / témoin de mon néant

 

Je coule / des jours malheureux / l'angoisse m'engloutit depuis tes adieux /
où es-tu mon Dieu

Je coule / je me vois couler

Je coule / je veux faire surface / je vois le temps qui passe et rien ne se passe

Oh reviens / reviens de grâce

Reviens / que je t'enlace / que je t'embrasse

Reviens / que je t'embrasse / que je t'enlace

Plus rien ne va / oh reviens

Sur l’air de Consolation n°3 (1849) de Franz Liszt,
pianiste Edith Farnadi (1956)

Dépression

Note

« Le poème, cette longue hésitation entre le son et le sens »

Paul Valéry, Tel Quel, Œuvres, tome II, 1960

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